STOPDISCRIM

Charte StopDiscrim

Les principes qui encadrent la ligne éditoriale, les enquêtes, les contributions et la modération de StopDiscrim.

Publié le 10/07/2026

StopDiscrim est un projet d’information, de documentation et d’action contre les discriminations.

Cette charte fixe les principes qui guident le site, ses contenus, ses analyses, ses enquêtes, ses témoignages et ses prises de position.

Elle ne prétend pas tout prévoir. Elle pose un cadre : rigueur, indépendance, respect des personnes, refus des discriminations et exigence de transparence.

1. Informer sans simplifier abusivement

StopDiscrim veut rendre les discriminations plus compréhensibles.

Cela signifie expliquer les notions juridiques, les procédures, les institutions, les critères protégés, les mécanismes de preuve et les recours possibles dans un langage accessible.

Mais rendre accessible ne signifie pas simplifier jusqu’à déformer.

Les discriminations sont des réalités complexes. Elles peuvent être directes ou indirectes, évidentes ou dissimulées, individuelles ou systémiques, assumées ou masquées derrière des justifications apparemment neutres.

StopDiscrim s’engage à traiter ces sujets avec sérieux, en distinguant autant que possible les faits, les analyses, les hypothèses, les opinions et les procédures en cours.

2. Documenter avant d’accuser

StopDiscrim refuse les accusations gratuites.

Une discrimination ne se décrète pas uniquement par indignation. Elle doit être documentée par des éléments concrets : dates, écrits, décisions, témoignages, comparaisons, incohérences, changements de version, données, documents officiels ou éléments de contexte vérifiables.

Cette exigence ne signifie pas que seules les discriminations déjà jugées doivent être évoquées. Beaucoup de situations ne sont jamais reconnues précisément parce qu’elles restent invisibles ou mal documentées.

Mais toute publication doit rechercher un équilibre : donner la parole, rendre visibles les faits, mais éviter la condamnation sans méthode.

StopDiscrim ne vise pas à remplacer les juridictions. Le projet vise à rendre les situations lisibles et à permettre un débat public ou juridique mieux informé.

3. Refuser l’indignation sélective

StopDiscrim défend un principe simple : une discrimination reste une discrimination, quelle que soit la personne qui la subit.

La lutte contre les discriminations ne doit pas dépendre de la popularité d’une victime, de son camp politique, de son origine sociale, de ses opinions, de sa religion, de son statut professionnel ou de sa visibilité médiatique.

Une victime ne doit pas avoir à être idéologiquement compatible pour mériter d’être entendue.

StopDiscrim refuse donc l’indignation sélective : celle qui dénonce certaines discriminations avec force, mais en ignore ou en justifie d’autres lorsque la victime dérange.

Le droit n’a de valeur que s’il protège aussi les personnes que l’on n’aime pas.

4. Protéger la dignité des personnes

StopDiscrim traite de situations humaines souvent douloureuses : perte d’emploi, exclusion, humiliation, atteinte à la réputation, isolement, difficultés financières, procédures longues, fragilisation familiale ou sociale.

Cette réalité impose de respecter la dignité des personnes.

Les témoignages et dossiers doivent être traités avec prudence. Les informations personnelles doivent être manipulées avec sérieux. Les personnes vulnérables, les enfants, les proches, les témoins ou les tiers ne doivent pas être exposés inutilement.

Lorsque cela est nécessaire, StopDiscrim peut anonymiser des noms, masquer certaines données, retirer des détails identifiants ou différer une publication.

L’objectif n’est pas d’exposer pour exposer. L’objectif est de documenter utilement.

5. Assumer une ligne éditoriale indépendante

StopDiscrim assume une ligne éditoriale : informer, documenter et agir contre les discriminations, y compris lorsque les faits dérangent des institutions, des employeurs, des groupes politiques, des administrations ou des milieux socialement influents.

Cette ligne n’est pas une neutralité molle.

StopDiscrim n’est pas indifférent aux injustices. Le projet assume de prendre au sérieux la parole des victimes, les préjudices subis et les mécanismes d’exclusion.

Mais cette ligne éditoriale doit rester indépendante.

Aucun sponsor, partenaire, donateur, adhérent ou soutien extérieur ne peut imposer la publication, la modification ou la suppression d’un contenu.

6. Ne pas confondre militantisme et absence de rigueur

StopDiscrim peut porter un regard critique sur certaines institutions, certaines pratiques professionnelles, certaines hypocrisies politiques ou certaines formes d’exclusion sociale.

Mais la force d’un projet engagé dépend de sa rigueur.

Une cause juste peut être affaiblie par des approximations, des accusations mal formulées, des informations non vérifiées ou des raisonnements trop rapides.

StopDiscrim s’engage donc à rechercher la précision, à citer les textes ou sources utiles lorsque cela est nécessaire, à reconnaître les limites d’un dossier et à corriger les erreurs confirmées.

L’engagement n’autorise pas la négligence.

7. Respecter la présomption d’innocence et le contradictoire

Lorsqu’une personne, une entreprise, une administration ou une institution est mise en cause, StopDiscrim doit veiller à la prudence des formulations.

Un fait allégué n’a pas le même statut qu’un fait établi par une décision définitive.

Une procédure en cours n’a pas le même statut qu’une condamnation.

Un témoignage n’a pas le même statut qu’un jugement.

StopDiscrim peut analyser, interroger, critiquer ou documenter une situation. Mais le projet doit éviter de présenter comme définitivement établis des faits qui sont encore contestés.

Lorsque cela est possible et utile, la position de la partie mise en cause peut être mentionnée, résumée ou recherchée.

Le contradictoire n’est pas une faiblesse. C’est une garantie de sérieux.

8. Distinguer droit, morale et opinion

StopDiscrim traite à la fois de droit, de société, de morale publique et de politique.

Ces registres ne doivent pas être confondus.

Une situation peut être moralement choquante sans être juridiquement qualifiée de discrimination.

Une situation peut être juridiquement discutable même si elle n’a pas encore été reconnue par une juridiction.

Une opinion éditoriale peut être forte, mais elle doit être présentée comme une analyse ou une prise de position, non comme une décision de justice.

Cette distinction est essentielle pour préserver la crédibilité du projet.

9. Encourager la documentation des faits

StopDiscrim encourage les victimes, témoins ou personnes concernées à documenter les situations de manière méthodique.

Il faut conserver les écrits, noter les dates, classer les pièces, sauvegarder les courriels, garder les versions successives, identifier les interlocuteurs, formaliser les demandes et éviter de laisser disparaître les traces.

Une discrimination non documentée peut être niée facilement.

Une discrimination documentée peut devenir un dossier.

StopDiscrim veut contribuer à cette culture de la preuve, sans décourager les victimes qui n’ont pas encore tous les éléments.

10. Refuser les discriminations sous toutes leurs formes

StopDiscrim s’oppose aux discriminations fondées notamment sur l’origine, le sexe, l’âge, le handicap, l’état de santé, la grossesse, la situation familiale, l’apparence physique, l’orientation sexuelle, l’identité de genre, les convictions religieuses, les opinions politiques, les activités syndicales, le lieu de résidence, la vulnérabilité économique ou tout autre critère protégé par la loi.

Cette opposition ne doit pas être sélective.

Les opinions politiques, par exemple, sont un critère protégé. Elles doivent être prises au sérieux au même titre que les autres critères lorsqu’elles sont à l’origine d’une mesure défavorable.

Une personne ne doit pas être privée d’emploi, de carrière, de réputation ou de dignité sociale pour un critère interdit.

11. Protéger les témoignages sans promettre l’impossible

StopDiscrim peut recevoir des témoignages ou des signalements.

Ces témoignages peuvent aider à comprendre une situation, à repérer des mécanismes, à documenter des pratiques ou à orienter une personne vers les bons interlocuteurs.

Mais StopDiscrim ne peut pas promettre qu’un témoignage sera publié, qu’une procédure aboutira ou qu’une discrimination sera juridiquement reconnue.

Le projet n’est pas une juridiction, ni un cabinet d’avocats, ni une autorité administrative.

Il peut informer, documenter, relayer, analyser, orienter ou alerter selon les cas, dans les limites de ses moyens et de ses responsabilités.

12. Corriger les erreurs

StopDiscrim accepte le principe de correction.

Si une erreur factuelle, une référence inexacte, une formulation imprécise ou une information dépassée est signalée et confirmée, le contenu concerné peut être corrigé, complété ou clarifié.

La correction d’une erreur ne remet pas nécessairement en cause l’ensemble d’un article ou d’un dossier. Elle fait partie d’une démarche sérieuse.

Un projet qui documente les injustices doit accepter d’être lui-même exigeant avec ses propres contenus.

13. Ne pas exposer inutilement les tiers

Les dossiers de discrimination impliquent souvent des tiers : collègues, proches, enfants, témoins, agents administratifs, candidats, salariés, avocats, représentants d’institutions ou personnes citées dans des documents.

StopDiscrim doit veiller à ne pas exposer inutilement des personnes qui ne sont pas au cœur du sujet ou dont l’identification n’apporte rien à la compréhension des faits.

La publication d’un nom, d’un document ou d’un détail personnel doit toujours être appréciée au regard de son utilité, de son intérêt public, de son risque et de sa proportionnalité.

14. Défendre une exigence démocratique

La lutte contre les discriminations n’est pas seulement une question individuelle. Elle concerne la confiance dans les institutions, dans le travail, dans la justice, dans l’égalité des chances et dans la promesse démocratique.

Lorsqu’une personne peut être écartée pour ce qu’elle est, ce qu’elle pense, ce qu’elle croit, d’où elle vient ou ce que d’autres lui attribuent, c’est toute la société qui se fragilise.

StopDiscrim défend donc une exigence démocratique : aucune institution, aucun employeur, aucun groupe politique, aucune administration, aucun milieu social ne devrait pouvoir transformer ses préférences, ses peurs ou ses préjugés en mécanisme d’exclusion.

15. Notre engagement

StopDiscrim existe pour informer, documenter et agir contre les discriminations.

Notre engagement repose sur plusieurs principes :

Informer clairement.
Documenter sérieusement.
Respecter les personnes.
Refuser l’indignation sélective.
Protéger les témoignages.
Corriger les erreurs.
Assumer notre indépendance.
Distinguer les faits, les analyses et les opinions.
Rappeler que la lutte contre les discriminations doit rester un principe commun.

Cette charte pourra évoluer avec le projet, ses expériences, ses limites et les retours des lecteurs.

Mais son esprit restera le même : défendre la dignité des personnes, rendre les injustices visibles et refuser que les discriminations soient banalisées, niées ou justifiées au nom d’intérêts politiques, professionnels ou institutionnels.